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lundi 2 mars 2015

Chaleur et repos

Kumbakonam


Ce matin je me réveille un peu avant 7h, Véro dort.
Je vais au pain.

Le matin de bonne heure la rue est quasiment déserte, ce qui n'empêche pas les quelques véhicules qui circulent de klaxonner aux croisements pour dire qu'ils ne s'arrêteront quoi qu'il arrive, comme ils ont klaxonné c'est aux autres de se démerder. Idem pour les piétons, klaxonne = tirez vous j'arrive !

Les laveuses de rue devant leur maison sont en activité, soit tuyau  d'eau, soit bassine de laquelle elles projettent de l'eau sur la rue avec la main.

Il y a un homme debout qui me regarde sur le pas de la porte d'une maison sur laquelle  il y a une plaque "Inspecteur de police". Je ne sais pas si c'est lui l'inspecteur.

Le marchand de lait est là assis sur son trottoir.

Ibrahim store n'est pas encore ouvert.

Je croise des femmes qui semblent revenir de la cathédrale.

Rue Savary juste à  l'angle une femme lave aussi la rue  devant chez elle.

Rue Petit Canal, mon attention ce matin est attirée par une horde de chiens qui aboient contre un autre chien pelé, galeux blanc sale, qui doit arriver sur leur territoire. Le pelé, galeux ne fait pas beaucoup cas de ces aboiements il a dû en voir d'autres, et les autres chiens  restent à distance, dans la troupe à bonne distance des chiots qui eux aussi aboient de leur voix de fausset pour faire comme les grands.
Je dois passer au milieu de la horde, certains chiens ne s'occupent pas de moi  occupés qu'ils sont contre l'autre chien, certain me regardent pour voir ce que je vais faire et je ne sais pas moi non plus ce qu'ils vont faire, mais ils me laissent passer sans me perdre de vue, d'autres enfin baissent leur tête et me regarde par en dessous, les yeux pleins de craintes.

Rue Sainte Thérèse toute la famille est là. Ils sont tous réveillés et me regardent passer.

Devant la cathédrale qui n'est pas en activité deux mendiants d'un côté, six mendiantes de l'autre. Du côté des hommes une bonne soeur toute vêtue de blanc, un fichu blanc sur la tête tourne le dos à la rue et regarde vers la cathédrale.
Dans la cour devant une statue dorée de saint ou de vierge, un homme debout les mains jointes.

La petite marchande de lait n'est pas là, il y a seulement son empilement de cagettes contenant les sachets de lait.

Un homme est endormi sur le seuil de Cute Kitchen, il bouge, il ne va tarder à se réveiller.

La marchande de noix de cocos n'est pas encore arrivée.

Il y a une seule charrette chargée de bananes au bord du Nilgiris.

Rue Ranga Pillai un camion arrive dans la rue et se gare devant Pazamudhir pour apporter des fruits et des légumes.
La rue est vide, semée de traces de bouses écrasées.

Au croisement du quai je me rends compte qu'il n'y a pas grand monde au Cool Cat et il n'y a pas de client à  l’intérieur du Hot Bread.

A la caisse c'est la jolie petite Tamoul dans un sari pervenche, elle est seule, c'est elle qui me prend mon pain pour le faire trancher.
J'attends avec curiosité de voir ce qu'elle va faire.

Elle appelle un employé qui est près de moi et qui regarde la télé où passe l'inévitable match de cricket.
Elle appelle : "Hilmet" me semble-t-il, Hilmet, Hilmet, évidemment Hilmet ne bouge de devant son match.
Elle insiste avec plus d'autorité et le Hilmet finit par se remuer le cul et venir vers la banque où j'attends, pour lui dire qu'il y a à côté d'elle un autre employé qui peut le faire. Du coup elle donne le pain à l'autre employé qui va me le trancher.
Et le Hilmet se fout de la gueule de la jolie caissière et reprend son match à la télé.
Je la plains car, à par elle, il n'y a pas d'autre femme dans la boutique et elle fait toute jeune.

Je repars par le quai.

La dormeuse au rickshaw avant la station service  est debout et elle prend son petit déjeuner, je vois quelqu'un dans le rickshaw et en passant tout près je vois que c'est la même fille que l'autre jour dans sa tenue bleue et blanche d'écolière, elle prend elle aussi son petit déjeuner.

Avant l'arrêt de bus sur le côté dort le clochard jésus.

Il n'y a personne dans l'arrêt de bus.

Au milieu du carrefour un homme est debout sa tête dans une main comme le penseur de Rodin, pourtant il me semble normal, c'est comme s'il se posait des questions je ne sais sur quoi.

Deux tempos se sont vidés de leurs passagers à l'angle de la rue Saint Ange.

De  nouveau à l'angle de rue du Vicomte de Souillac une bâche de récupération publicitaire, dissimule le chantier, et pour l'instant personne n'y travaille.

Rue Surcouf, une femme nettoie la rue devant sa petite maison qui est sur la droite.

Rue Capitaine Marius Xavier je vois un homme qui discute avec un autre autour d'une grosse voiture et d'une moto type japonaise.
L'homme a une silhouette qui me dit quelque chose avec ses cheveux mis en chignon.
Il me reconnaît, c'est Daya le copain de Pichaya. On se salue, il s'étonne de me voir marcher, et il reprend sa conversation avec l'homme.
Je sais que Pichaya doit aller à Chennai aujourd'hui et je me dis que Daya est venu récupérer le chauffeur et la grosse voiture.

Rue Candappa.

Véro n'est toujours pas levée. Je ne m'inquiète pas sauf que je me demande si elle a eu un bon sommeil depuis hier soir ou un mauvais sommeil avec récupération ce matin.

Je prépare tout ce qu'il faut pour le petit déjeuner et elle arrive, en fait c'est un bon sommeil depuis hier soir.
Je suis content. En ce moment c'est comme si on récupérait de toute la fatigue nerveuse de ce début d'année.

On commence à réfléchir à une liste de ce qu'il faut faire d'ici le 13 mars, jour de notre départ de l'appart.

Première chose ce matin, récupérer les cadres chez l'encadreur et les ramener tout de suite. Comme il n'y en a qu'une dizaine Véro me dit qu'on peut le faire à moto.
C'est ce qu'on fait.

On pose les cadres et on va à la poste pour poster les dernières cartes aux enfants.
Là on retrouve un français qui était aussi chez l'encadreur, décidément, on discute il a acheté une photo et cherche un moyen pour la ramener sans l'abîmer. Véro lui expose les différentes techniques.

Ensuite on traverse la ville blanche côté nord on prend la rue du Corps de Garde mais la galerie signalée par Pichaya est toujours fermée. On file à la boutique Himalaya qui a de nouveau fait le plein de produits.

Passage chez Félix pour lui régler les 13 jours de mars.

On se gare ensuite rue Barathi pour trouver un bijoutier qui pourrait faire une petite réparation sur des boucles en argent. On en trouve un qui veut bien faire quelque chose sans chauffer les boucles qui ont une pierre de lune. On doit venir demain les chercher.

On fait un saut au Marché Goubert, passage obligé chez Aroul pour une écharpe et passage chez un marchand d'épices pour acheter des noix de muscade.
On achète par la même des bananes et du raisin.

On pose le tout à l'appart et on file au Surguru pour riches, pour déjeuner.
La chaleur prend de plus en plus d'épaisseur et l'on recherche un endroit avec une bonne clim et c'est le cas au Surguru pour riches.

Pendant que je me lave les mains Véro surprend une conversation surréaliste entre une cliente anglaise et un serveur. L’Anglaise commande des sandwichs et demande s'ils sont faits avec du pain blanc ou du pain brun.
Le serveur me dit Véro, doit se demander dans sa tête ce qu'elle peut bien lui demander où s'il a bien compris.
Il répond quand même que c'est du pain blanc.

On attend pour savoir si finalement elle a pris ou non des sandwichs au pain blanc.

On commande nos palak paneer et des parothas.

On attend et on voit arriver les sandwichs au pain blanc.

On revient à l'appart.
Gros repos et café. 

On fait notre balade de fin d'après midi sur la promenade.
Dans la rue de Bussy où Véro fait des photos d'ouvriers, une voiture s'arrête c'est une Ambassador et la soeur de Pichaya en sort. Elle a son téléphone collé sur l'oreille et nous dit je suis avec Pichaya tout va bien son taux de globules rouges est remonté. Elle nous embrasse et remonte dans la voiture que conduit son mari.
 Véro me dit, -Elle a surgit avec toute sa grâce, elle ressemble à une princesse moderne.  

Balade sur la promenade avec le soleil qui se couche et l'air frais de l'océan. Cet air qui est passé sur l'eau nous apporte de la fraîcheur le long de « la plage » comme disent les Indiens

On revient par la rue de Bussy et on fait un arrêt à Grand Bakery pour faire le plein de coca light. On rencontre une copine dont on parlait sur la promenade et qu'on n'avait pas revue cette année. Elle a l'air en pleine forme alors que l'an dernier ce n'était pas brillant. Elle aussi est heureuse de nous revoir.
Elle ne vient que très rarement à Pondy, la vie ici, elle a compris à qui elle avait à faire, et la vie à Auroville, elle a compris aussi.
Le tout c’est de le savoir et de ne pas rêver que tout est différent ici.
On passe aussi par la pharmacie faire notre plein de comprimés de magnésium pour les crampes parce que c'est vrai que c'est efficace.

On se fait un petit apéro bière avant de dîner.


Ce soir coquillettes à la crème, au fromage et aux champignons, raisins, bananes.

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