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| Kumbakonam |
Ce matin je me réveille un peu avant 7h, Véro dort.
Je vais au pain.
Le matin de bonne heure la rue est
quasiment déserte, ce qui
n'empêche pas les quelques
véhicules qui circulent de
klaxonner aux croisements pour dire qu'ils ne s'arrêteront quoi qu'il arrive, comme ils ont klaxonné c'est aux autres de se démerder. Idem pour les piétons, klaxonne = tirez vous
j'arrive !
Les laveuses de rue devant leur
maison sont en activité,
soit tuyau d'eau, soit bassine de
laquelle elles projettent de l'eau sur la rue avec la main.
Il y a un homme debout qui me regarde
sur le pas de la porte d'une maison sur laquelle il y a une plaque "Inspecteur de
police". Je ne sais pas si c'est lui l'inspecteur.
Le marchand de lait est là assis sur son trottoir.
Ibrahim store n'est pas encore
ouvert.
Je croise des femmes qui semblent
revenir de la cathédrale.
Rue Savary juste à
l'angle une femme lave aussi la rue devant chez elle.
Rue Petit Canal, mon attention ce
matin est attirée par une
horde de chiens qui aboient contre un autre chien pelé, galeux blanc sale, qui doit arriver sur leur
territoire. Le pelé, galeux
ne fait pas beaucoup cas de ces aboiements il a dû en voir d'autres, et les autres
chiens restent à distance, dans la troupe à bonne distance des chiots qui eux aussi aboient de
leur voix de fausset pour faire comme les grands.
Je dois passer au milieu de la horde,
certains chiens ne s'occupent pas de moi
occupés qu'ils sont
contre l'autre chien, certain me regardent pour voir ce que je vais faire et je
ne sais pas moi non plus ce qu'ils vont faire, mais ils me laissent passer sans
me perdre de vue, d'autres enfin baissent leur tête
et me regarde par en dessous, les yeux pleins de craintes.
Rue Sainte Thérèse
toute la famille est là.
Ils sont tous réveillés et me regardent passer.
Devant la cathédrale qui n'est pas en activité deux mendiants d'un côté,
six mendiantes de l'autre. Du côté des hommes une bonne soeur
toute vêtue de blanc, un
fichu blanc sur la tête
tourne le dos à la rue et
regarde vers la cathédrale.
Dans la cour devant une statue dorée de saint ou de vierge, un
homme debout les mains jointes.
La petite marchande de lait n'est pas
là, il y a seulement son
empilement de cagettes contenant les sachets de lait.
Un homme est endormi sur le seuil de
Cute Kitchen, il bouge, il ne va tarder à
se réveiller.
La marchande de noix de cocos n'est
pas encore arrivée.
Il y a une seule charrette chargée de bananes au bord du
Nilgiris.
Rue Ranga Pillai un camion arrive dans
la rue et se gare devant Pazamudhir pour apporter des fruits et des légumes.
La rue est vide, semée de traces de bouses écrasées.
Au croisement du quai je me rends
compte qu'il n'y a pas grand monde au Cool Cat et il n'y a pas de client à
l’intérieur
du Hot Bread.
A la caisse c'est la jolie petite
Tamoul dans un sari pervenche, elle est seule, c'est elle qui me prend mon pain
pour le faire trancher.
J'attends avec curiosité de voir ce qu'elle va faire.
Elle appelle un employé qui est près de moi et qui regarde la télé
où
passe l'inévitable match de
cricket.
Elle appelle : "Hilmet" me
semble-t-il, Hilmet, Hilmet, évidemment
Hilmet ne bouge de devant son match.
Elle insiste avec plus d'autorité et le Hilmet finit par se
remuer le cul et venir vers la banque où
j'attends, pour lui dire qu'il y a à
côté d'elle un autre employé qui peut le faire. Du coup elle
donne le pain à l'autre
employé qui va me le
trancher.
Et le Hilmet se fout de la gueule de
la jolie caissière et
reprend son match à la télé.
Je la plains car, à par elle, il n'y a pas d'autre
femme dans la boutique et elle fait toute jeune.
Je repars par le quai.
La dormeuse au rickshaw avant la
station service est debout et elle prend
son petit déjeuner, je vois
quelqu'un dans le rickshaw et en passant tout près
je vois que c'est la même
fille que l'autre jour dans sa tenue bleue et blanche d'écolière,
elle prend elle aussi son petit déjeuner.
Avant l'arrêt de bus sur le côté dort le clochard jésus.
Il n'y a personne dans l'arrêt de bus.
Au milieu du carrefour un homme est
debout sa tête dans une
main comme le penseur de Rodin, pourtant il me semble normal, c'est comme s'il
se posait des questions je ne sais sur quoi.
Deux tempos se sont vidés de leurs passagers à l'angle de la rue Saint Ange.
De
nouveau à l'angle de
rue du Vicomte de Souillac une bâche
de récupération publicitaire, dissimule
le chantier, et pour l'instant personne n'y travaille.
Rue Surcouf, une femme nettoie la rue
devant sa petite maison qui est sur la droite.
Rue Capitaine Marius Xavier je vois
un homme qui discute avec un autre autour d'une grosse voiture et d'une moto
type japonaise.
L'homme a une silhouette qui me dit
quelque chose avec ses cheveux mis en chignon.
Il me reconnaît, c'est Daya le copain de Pichaya. On se salue, il
s'étonne de me voir
marcher, et il reprend sa conversation avec l'homme.
Je sais que Pichaya doit aller à Chennai aujourd'hui et je me
dis que Daya est venu récupérer le chauffeur et la grosse
voiture.
Rue Candappa.
Véro
n'est toujours pas levée.
Je ne m'inquiète pas sauf
que je me demande si elle a eu un bon sommeil depuis hier soir ou un mauvais
sommeil avec récupération ce matin.
Je prépare
tout ce qu'il faut pour le petit déjeuner
et elle arrive, en fait c'est un bon sommeil depuis hier soir.
Je suis content. En ce moment c'est
comme si on récupérait de toute la fatigue
nerveuse de ce début d'année.
On commence à réfléchir à une liste de ce qu'il faut faire d'ici le 13 mars,
jour de notre départ de
l'appart.
Première
chose ce matin, récupérer les cadres chez l'encadreur
et les ramener tout de suite. Comme il n'y en a qu'une dizaine Véro me dit qu'on peut le faire à moto.
C'est ce qu'on fait.
On pose les cadres et on va à la poste pour poster les dernières cartes aux enfants.
Là
on retrouve un français
qui était aussi chez
l'encadreur, décidément, on discute il a acheté une photo et cherche un moyen
pour la ramener sans l'abîmer.
Véro lui expose les différentes techniques.
Ensuite on traverse la ville blanche
côté nord on prend la rue du Corps de Garde mais la
galerie signalée par
Pichaya est toujours fermée.
On file à la boutique
Himalaya qui a de nouveau
fait le plein de produits.
Passage chez Félix pour lui régler
les 13 jours de mars.
On se gare ensuite rue Barathi pour
trouver un bijoutier qui pourrait faire une petite réparation sur des boucles en argent. On en trouve un
qui veut bien faire quelque chose sans chauffer les boucles qui ont une pierre
de lune. On doit venir demain les chercher.
On fait un saut au Marché Goubert, passage obligé chez Aroul pour une écharpe et passage chez un
marchand d'épices pour
acheter des noix de muscade.
On achète
par la même des bananes et
du raisin.
On pose le tout à l'appart et on file au Surguru
pour riches, pour déjeuner.
La chaleur prend de plus en plus d'épaisseur et l'on recherche un
endroit avec une bonne clim et c'est le cas au Surguru pour riches.
Pendant que je me lave les mains Véro surprend une conversation
surréaliste entre une
cliente anglaise et un serveur. L’Anglaise commande des sandwichs et
demande s'ils sont faits avec du pain blanc ou du pain brun.
Le serveur me dit Véro, doit se demander dans sa tête ce qu'elle peut bien lui
demander où s'il a bien
compris.
Il répond
quand même que c'est du
pain blanc.
On attend pour savoir si finalement
elle a pris ou non des sandwichs au pain blanc.
On commande nos palak paneer et des
parothas.
On attend et on voit arriver les
sandwichs au pain blanc.
On revient à l'appart.
Gros repos et café.
On fait notre balade de fin d'après midi sur la promenade.
Dans la rue de Bussy où Véro
fait des photos d'ouvriers, une voiture s'arrête
c'est une Ambassador et la soeur de Pichaya en sort. Elle a son téléphone
collé sur l'oreille et nous
dit je suis avec Pichaya tout va bien son taux de globules rouges est remonté. Elle nous embrasse et remonte
dans la voiture que conduit son mari.
Véro me dit, -Elle a surgit avec toute
sa grâce,
elle ressemble à une princesse moderne.
Balade sur la promenade avec le
soleil qui se couche et l'air frais de l'océan.
Cet air qui est passé sur
l'eau nous apporte de la fraîcheur
le long de « la plage » comme disent les Indiens
On revient par la rue de Bussy et on
fait un arrêt à Grand Bakery pour faire le
plein de coca light. On rencontre une copine dont on parlait sur la promenade
et qu'on n'avait pas revue cette année.
Elle a l'air en pleine forme alors que l'an dernier ce n'était pas brillant. Elle aussi
est heureuse de nous revoir.
Elle ne vient que très rarement à Pondy, la vie ici, elle a
compris à qui elle avait à faire, et la vie à Auroville, elle a compris
aussi.
Le tout c’est de le savoir et
de ne pas rêver que tout est différent ici.
On passe aussi par la pharmacie faire
notre plein de comprimés de
magnésium pour les crampes
parce que c'est vrai que c'est efficace.
On se fait un petit apéro bière avant de dîner.
Ce soir coquillettes à la crème, au fromage et aux champignons, raisins,
bananes.

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