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| Ragunath au temple ce soir |
Les photos, ce sera pour demain car ce soir il est trop tard pour faire le tri parmi les quelques 400 images que j'ai faites ce soir.
Il est 16h et je me mets
seulement au blog. On a déjà fait un tas de choses malgré la chaleur qui pèse
sur la ville depuis ce matin.
En allant au pain, je croise la
femme du proprio et la petite bonne qui
reviennent de la première messe. Elles me disent bonjour et c’est ce qui me
fait les reconnaître parce que je devais penser à autre chose.
Derrière elles il y a la vieille
femme qui balaie devant chez elle dans la rue Candappa tôt le matin et qui me
dit « Bonjour Baba » quand elle me voit et là elle me dit
« Bonjour Baba ». Je remarque qu’elle a des cheveux gris blanc très
courts.
C’est l’animation dans MS ce
matin, les piétons et surtout les piétonnes qui reviennent de la messe.
Une autre va certainement suivre,
devant la cathédrale un homme pose sa femme qui descend de moto et il s’en va
pendant qu’elle pénètre dans la cours.
Tous les mendiants et mendiantes
sont en place le long des passages qui donnent accès à la rue.
Je ne peux m’empêcher de penser
que c’est par distraction que ces femmes suivent l’office. Elles ne sortent pas
de leur maison de toute la journée et elles ont des bonnes à tout faire pour
les travaux ménagers. L’ennui, l’attente meublent certainement les minutes de
leur vie.
L’attente de quoi ?
Personne au Hot Bread ce matin,
ça change.
La gadoue a séché quai d’Ambour,
je peux à nouveau marcher du côté droit.
Un homme lave l’intérieur d’une
ambulance avec de l’eau de javel qui s’écoule dans le canal et ça sent l’eau de
javel tout le long.
Petit dèj copieux avec yaourt et
salades de fruits.
On part avec la moto acheter des
crevettes au marché Goubert. Un arrêt thé rue Ranga Pillai où je peux laisser
la moto le temps de boire le thé et d’acheter les crevettes parce que ce matin
c’est Sunday Market et il y a du monde sur MG road.
Au marché, Véro s’adresse
toujours à la même marchande qui la connaît maintenant et qui la sert
normalement en pratiquant des prix normaux.
On revient les poser à l’appart.
On étend une première lessive et je fais éclater
dans mes doigts le flacon en plastique d’huile d’Encalyptus. J’en suis
recouvert et je dois me changer entièrement et nouvelle lessive.
On part à pied chez Pothys.
Malgré la chaleur ce n’est pas désagréable de marcher. On prend les quelques
courses qui nous manquaient et on revient. A Pothys il y a de moins en moins
d’escalators qui fonctionnent celui pour descendre du premier étage et ceux
pour monter et descendre du 4ème.
Véro veut acheter un haut pour
aller avec le pantalon qu’elle mis aujourd’hui et on part chez Fabindia comme
ça nous déjeunerons au Satsanga.
Belle balade à pied sous la
chaleur et c’est là qu’on prend conscience de l’importance des arbres et
surtout de leur ombre parce que l’ombre est fraîche quand on passe dedans.
On remonte la rue Sufren qui elle
est dans l’axe du soleil et en pleine lumière, il y fait très bon.
Un grand moment chez Fabindia le
temps que Véro trouve et on profite de
la clim.
On va rue de Labourdonnais au
Satsanga.
C’est toujours un peu franco
français. Véro se fait plaisir avec un steak au poivre et moi avec un veau cuit
dans le style blanquette avec de la purée, un régal on se croirait déjà de
retour à la maison. Pour ici le problème c’est que ce n’est pas très bon
marché.
Véro se souvient que nous devons
acheter de la bière et on remonte la rue Labourdonnais, puis la rue Victor
Simonel. En arrivant dans cette rue une
affiche attire notre attention ; Ragunath Manet ou son école ce n’est pas
clair se produira dans un temple ce soir à 20h30 dans le quartier de
Vayittikuppam. On va essayer de voir sur le plan où ça se trouve. On arrive au
Parc Barathi afin de prendre la rue Ranga Pillai dans laquelle se trouve le
marchand de bière en face du Nilgiris.
On revient à l’appart. On vérifie
sur le plan où se trouve Vayittikuppam, c’est dans le quartier des pêcheurs,
c’est facile d’y aller mais ce n’est pas facile de trouver quelque chose dans
ce quartier populaire. On a le nom du temple Akkasamy et ça devrait nous aider.
Café, chocolat et sieste pour
échapper à la chaleur du jour.
Ensuite je me mets au blog et
Véro se met à peindre.
Puis avec la moto nous partons à
la recherche d’ Akkasamy temple. On va au village de pêcheur et là deux
gendarmes en train de déguster des cacahuètes sur le bord de la route nous
renseignent précisément sur le lieu où se trouve le temple. En fait c‘était
simple, puisque c’était rue Akkasamy, qui est la rue que nous empruntons pour
aller par la ville à Serenity Beach ou à Prince Park.
On revient.
Véro prépare le repas, on va
dîner avant d’y aller. Crevettes au riz et salade de fruits.
Après, quelle soirée … quel
spectacle … quel danseur … voilà un type que les parisiens paient une fortune
pour le voir danser et qui vient danser gratos dans un petit temple pour des
Indiens et pour des dieux.
Toutes les mémères qui s’étaient
pressées lorsqu’on avait annoncé sa venue à la maison Colombani ne sont pas là
car il aurait fallu s’asseoir par terre
dans la poussière et parmi les indigènes.
Il n’y a pas un blanc d’ailleurs,
que ça fait du bien de ne pas voir le directeur de l’AF avec sa pile de
fauteuils en plastique rouge qu’il réserve pour les spectateurs qu’il favorise.
Ici, tout le monde est à égalité, le sol en ciment est dur mais c’est le même
pour tous.
Dès 8h le spectacle commence on
pense qu’on va voir les élèves de l’école de barathanatyam de Ragunath Manet et
c’est le cas. Pendant une demi-heure les élèves se succèdent puis c’est Ragunath
Manet qui vient danser en alternance avec ses élèves pendant 4 danses et la
dernière il l’a fait avec ses deux meilleures élèves.
Avec Manet évidemment le
Barathanatyam prend une autre dimension. Il est torse nu, luisant de sueur dans
la chaleur du temple, un collier, une ceinture et des bracelets d’or.
Une sensualité torride, absente
des danses des petites danseuses enfouies dans leur costume folklorique et du
fait de leur jeune âge.
Pour Manet la danse est totale
dans le chant qu’il interprète en dansant, dans la danse qui est une prière aux
dieux et lui sait et tout son corps aussi que les dieux sont des hommes et que le
barathanatyam n’est pas une danse de femme.
Un régal cette soirée,
exceptionnel même, le meilleur de tout ce qu’on a vu depuis qu’on vient à
Pondy.
On rentre, la ville est encore
très animée, le Sunday Market démonte seulement ses stands.
On est fatigué, il est 23h et
Véro me dit que les photos ce sera pour demain.

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