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vendredi 1 mars 2013

On se met au vert

Un monde vert

Les autres photos sont ici
  
Hier soir au moment de se coucher je vois courir sur les carreaux de marbre rose, un mille pattes, plutôt un scolopendre comme au Sri Lanka, on s’y croirait.
Je ne me pose pas de question et je l’occis d’un coup de chaussure bien appliqué et je le mets dehors.
J’ose à peine dire à Véro ce que c’est, avec ses piqûres, et aussi parce qu’elle s’est déjà fait mordre par ce genre d’animal.

Ce matin c’est le  jour qui me réveille tôt. Je n’ai pas trop bien dormi sans doute par manque de fatigue la veille.

Je montre à la femme de ménage ma victime d’hier soir et je luis dis d’un air offusqué que la bête était dans la chambre. Elle éclate de rire et dit « Aaathaa », je ne sais si elle me donne le nom de l’animal en Malamayam ou si elle me dit pauvre con. D’après le ton et l’expression verbale ç’aurait pu être les deux.


On va déjeuner à l’Indian Café et on est déçu parce qu’ils n’ont pas de Bombay Toast leur spécialité. On prend des œufs des parothas et du café.

On prend la petite route du Nord qui longe le Vembanad Lake, là où il n’y a rien à voir sur les guides, que le Kerala et les Keralais.

On suit la route qui longe le lac et ont fait des incursions par de petites routes pour s’approcher du bord. En deux heures ont fait 16km.
On est pas déçu de ces visites par des chemins de terre qui se faufilent dans la verdure foisonnante de la rive et puis s’il y a quelques maisons les gens nous prennent en charge pour aller jusqu’au bord et éviter les pièges des petits canaux qui s’infiltrent dans les terres et sont recouvert de verdure.
Chacun est fier de nous montrer ce qu’il fait. Il faut dire que sur la petite route déjà tout le monde nous fait de grands signes amicaux, alors ici comme d’habitude on fait l’attraction. Un paysan veut nous montrer son buffle qu’il tient avec une corde, mais le buffle prend peur et il s’enfuit et le paysan lâche la corde et nous fait signe que ce n’est pas grave.
Chaque petit espace qui entoure les maison est clôt avec des tiges de cannelle qui sous ce climat comme au Sri Lanka se remettent à pousser ce qui fait des barrières avec les feuilles. Les tiges de cannelles supportent de longues bandes de plastique pour préserver l’intimité de la maison.

On nous offre des noix de coco pour nous désaltérer et on mange aussi la pulpe. Les femmes félicitent Véro pour sa tenue qui est une vraie tenue de femme et elles sont écroulées de rire de voir la façon dont elle noue son écharpe dans les cheveux. Le contact est direct et sympathique. On nous propose même des chaises pour que nous puissions nous reposer.

Quand on explique qu’on vient de Pondy à moto et qu’on y retourne, un homme nous dit qu’on est « crazy »ce qui n’est pas très respectueux et jette un froid dans la petite assemblée, mais on éclate de rire et tout le monde rit avec nous.

Lorsqu’on repart tout le monde vient voit la Bullet et j’espère qu’elle ne va pas me faire une crise, mais non elle s’est remise à bien démarrer car ce matin ça  été la galère, je pense qu’il y avait dû y avoir une saleté passée dans le carbu. J’ai essayé la technique Félix, tu mets en route, et quand tu y es arrivé, tu fermes l’arrivée d’essence et tu brûles tout ce qu’il y a dans le carbu et tu ouvres à nouveau l’arrivée d’essence.
Au bout d’un moment c’est vrai que le phénomène ne se reproduit plus et la moto se met à marcher comme si elle était neuve.

On s’arrête à l’embarcadère de l’île de Pathiramanal  sur laquelle il y a un hôtel. Ce qui nous intéresse nous, c’est l’activité des pêcheurs tout près de l’embarcadère.
Un homme qui se dit patron d’une house boat à quai nous propose de la visiter.

C’est beau un coin salon et une petite chambre avec un grand lit, une cuisine et des sanitaires, c’est 10 000Rs la nuit. Ce n’est pas dans notre budget, mais on apprécie la beauté de la chose et on se dit, qu’est ce qu’on doit s’emmerder là dedans.

Parce que ce que ce qui est frustrant sur les bateaux des backwaters quel qu’ils soient, c’est qu’on voit tout à l’horizontal et un paysage qui n’arrête pas de défiler. On voit la vie sur les bords et elle nous échappe.

C’est pour ça qu’on fait ça aujourd’hui, on met les mains dans le cambouis on va direct voir la population et cette vie sur les bords. Le spectacle n’est pas le même et nous ne sommes pas les mêmes spectateurs.

L’homme se sent certainement une vocation de GO et nous fait visiter tout le coin. Les pêcheurs qui pêchent des coques qui vont servir une fois broyées pour le dentifrice, le talc, les crèmes de beauté…

Les coques vidées des bateaux sont chauffées pour qu’elles s’ouvrent et se vident. Elles sont ensuite passées au tamis pour les calibrer et certainement ainsi remise aux gens qui vont les traiter.

Les pêcheurs dans des sortes de bateaux entre la gondole et le kayak quittent le lac et pénètrent dans la terre par des saignées liquides qui s’alimentent avec l’eau du lac. Ils vident le produit de leur pêche ce qui fait un bruit métallique.

Tout en marchant et en regardant, l’homme nous explique chaque arbre, ce qu’il est, quel est son fruit, ses qualités médicinales car ici la nature est toujours la grande pharmacie sans passer par les labos.

Il est près de midi, on remonte encore vers le nord pour voir un pont barrage sur le lac qui soit le coupe en deux soit le relie avec des backwaters plus au Nord.
C’est impressionnant cette coupure sur le lac qui supporte une route qui mène à Kottayam.
C’est de cette ville que nous étions partis il y a 4 ans pour Périyard. Demain nous n’y passerons pas sauf erreur dans les renseignements, ce qui n’est pas à exclure.

De l’autre côté du lac on trouve un petit restaurant qui nous nourrit de riz et de poissons frits grillés.
On va au bord du lac de ce côté pour que Véro puisse prendre une photo du pont.
Là aussi les gens sont sympathiques mais c’est l’heure de la sieste et ils sont moins disponibles.

On reprend la route d’Allepey où l’on arrive à 15h.

Repos, pour attendre la lumière du soir. Celle de ce matin n’était pas terrible, contre-jour, mais la vie y était très plaisante.

Comme dit Véro on était au Sri Lanka sans l’angoisse, rien que pour le plaisir.

Au retour on sait qu’on a rien vu, que le Kerala et des Keralais et que du coup on n’aura rien à raconter.


On repart pour d’autres photos mais Véro est un peu saturée, elle en a déjà fait 350, aujourd’hui.

On reste un peu sur le canal puis on va prendre une pâtisserie et un jus de fruit au Sweet Corner. Il y a deux bonnes sœurs qui prennent un jus de fruit. Véro ne résiste pas à les prendre en photo et elles ne résistent pas à être des stars pour une fois ( je ne vous fait pas le coup de « pour une foi »).

On va se promener vers le deuxième canal le canal Sud où nous ne sommes pas encore allés. Il y a encore de la lumière et bien sûr les photos reprennent. Le canal est vraisemblablement à sec et s’est transformé en une gigantesque allée de verdure.
Il y a 4 ans le canal Nord n’était pas non plus en très bon état, l’eau était verte et couverte de laitues d’eau, aujourd’hui un effort sérieux a été fait il est très propre, très beau d’ailleurs vous l’avez vu sur les photos.

On continue notre promenade et Véro se rappelle qu’elle voulait acheter un bout de  mousse pour mettre sur le siège de la moto, sous le passage des sacoches, là où elle met ses fesses.

On en voit devant un magasin de meuble. Les gens nous disent qu’ils vendent de la mousse, il faut aller au premier étage.
On arrive dans un sauna. Il faut beaucoup d’explication pour faire comprendre ce qu’on veut, en fait c’est une chute de 30/30cm et de 5cm d’épaisseur.
Ils arrivent à découper dans une chute quelque chose qui pourrait faire l’affaire.
Mais lorsqu’ils nous disent le prix Véro leur demande si c’est une plaisanterie : 200Rs une chute de mousse.
Elle leur dit qu’ils peuvent entuber les touristes, mais pas nous et on part.
C’était une arnaque et ce bout de mousse n’avait pas de prix. Lorsqu’on achète quelque chose on nous donne un papier, on passe à la caisse avec le papier et ensuite on nous donne ce qu’on a acheté. Là, la transaction se faisait sans passer par la caisse.

Un peu plus loin Véro trouve ce qu’elle cherchait, un joli petit coussin rectangulaire pour 70Rs.

On revient par la rue principale. Dans cette rue 80% des magasins sont de grandes bijouteries, un bakery et le reste des magasins de vêtements. Tout ce qui concerne la nourriture est proposé par des marchands ambulants le long des trottoirs.

J’ai l’impression que dans beaucoup de ces villes modestes mais qui doivent approcher le million d’habitants, 50% des magasins sont des bijouteries.

On s’installe à l’Indian Coffee il est 19h, on commande du poulet sauté des frites et de l’eau minérale. Il n’y a plus d’eau minérale alors ils nous servent de l’eau bouillie encore chaude de couleur rose. C’est pas mauvais mais c’est vrai qu’on préfère du frais. Véro va donc acheter une bouteille d’eau minérale dans la rue. Ici le litre est à 15Rs à Pondy dans l’état le moins taxé, c’est 20Rs, comprenne qui pourra.

Deux jeunes occidentaux, entrent dans le restaurant, ils regardent de partout, demandent la carte, ils semblent affolés par ce restau et ils ressortent.

Pourtant il y a plein de monde, des hommes des femmes seules ou en groupe et des familles avec les enfants.

On revient au guest, on cherche à voir quelqu’un pour payer. On trouve un homme qui sort de sous la douche et qui nous dit que nous pouvons prendre le petit dèj demain matin à 7h45 et que nous paierons après. C’est OK.

Dans la chambre Véro se dépêche de prendre sa douche avant le power cut du soir et moi je me dépêche de finir ce blog avant le power cut du soir.

Demain Allepey-Periyard entre 130 et 160km de route. Je pense que ce sera plus 130 mais souvent je me trompe.

La montagne, la fraîcheur et peut-être même le froid.

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