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| Entre deux prises de vue |
Les photos des femmes de Pichaya sont ici
Un pur moment de bonheur ce matin.
Tant de beauté, de grâce et de rires.
Un pur moment de bonheur ce matin.
Tant de beauté, de grâce et de rires.
Lever 7h, il fait meilleur ce
matin.
Les ouvriers ont travaillé tard
hier soir mais ils ne sont pas arrivés jusque chez nous, ils se sont arrêtés à
la maison d’avant.
Tout est remis à demain.
M Sreet, au 315 un papa avec son
fils dans les bras attend assis sur les marches devant le cabinet du pédiatre,
il y a aussi un autre homme avec eux.
Le petit marchand de lait de la
rue Montorsier a une cliente vêtue d’un sari multicolore.
J’entends au loin le bruit
langoureux d’une Enfield Bullet qui se rapproche et je me laisse bercer par
cette musique que je vais perdre bientôt. Elle passe devant moi avec son
conducteur et s’éloigne.
Rue Petit Canal je ne vois
personne comme s’ils étaient tous partis.
Par contre à l’approche de la
cathédrale, la rue est envahie par une quantité impressionnante de cycles et de
motos. Je réalise que c’est le dimanche des Rameaux. C’est l’heure de la messe
dans la cathédrale qui déborde de fidèles jusque sur le parvis et même dans la
cour qui est devant.
Les mendiants comme les véhicules
affluent et sont bien positionnés pour la sortie.
La petite marchande de lait est
là imperturbable. Des Rickshaws stationnent.
Le dimanche des Rameaux, je
réalise que ce n’est plus pour moi que du vocabulaire culturel comme l’expression
« un théâtre à l’italienne », tout ça n’a plus qu’une connotation de
spectacle, de représentation, de fourberies.
Rue Ranga Pillai le soleil de
face me frappe comme un uppercut et la chaleur me tombe dessus.
Un couple de jeunes touristes,
lui tient un guide à la main, certainement à la recherche d’un meilleur guest,
c’est l’heure ; elle la mine fatiguée par une nuit difficile et par le coup
de chaleur du soleil matinal.
Quelques Indiens déjeunent au Hot
Bread.
Je reviens par le quai d’Ambour.
Il y a peu de circulation. Trois jeunes femmes blanches-blanches, marchent côte
à côte et viennent vers moi. Elles sont en short et décolleté, les Indiens vont
se régaler. Pour ici, c’est comme si elles se baladaient en culotte et sous tif
place du Capitole.
La rue Candappa est toujours un
énorme chantier, une pelleteuse, quelques ouvriers qui viennent chercher du
matériel.
Après la machine à laver et
l’étendage du linge, on part à l’AF pour changer le livre de Véro. Je constate
qu’on m’a piqué le mousqueton auquel j’accrochais mon chapeau.
À la bibliothèque c’est fermé,
Véro pensait qu’on était samedi alors qu’on est dimanche.
On reviendra demain. On file chez
Pichaya pour lui donner les photos de Daya que Véro a prises la semaine
dernière.
On arrive comme toujours quand il
est là au moment du petit dèj, il y a deux français A&Q en marcel blanc.
On boit un café et l’on discute,
puis Véro montre les photos. Tout le monde est content des photos sauf Daya qui
n’est pas là. Tout le monde reconnaît que ce type a quelque chose mais que lui
ne le sait pas et ne sait surtout pas valoriser ça.
Toutes les femmes qui travaillent
pour Pichaya sont là autour de l’écran à regarder elles aussi les photos au
lieu de faire leur boulot dans le guest.
Pichaya les engueule comme ce
n’est pas possible et aussi il les fait participer à la vie du guest et des
guests qui changent tout le temps et qui apportent avec eux quelque chose
d’eux-mêmes qui est à chaque fois une nouveauté.
Ce matin Pichaya décide que Véro
va prendre en photo toutes les femmes de
la maison. Elle commence par la maman d’Elisa, puis en cherchant trouve dans la
rue à côté de Villa Pondichéry vers l’entrée de l’annexe un décor pour faire
poser tout le monde.
C’est le défilé comme un défilé
de mannequins. Chaque femme est heureuse d’être prise en photo par Véro. Elles
ont une grande confiance en elle. Certaines ont dénoué leurs cheveux.
Pichaya, A et moi-même cherchons
à les décontracter pour qu’elles finissent par se sentir bien face à l’objectif
et se sentent suffisamment à l’aise pour en
être complice.
Dans la rue les gens passent et
nous regardent, mais je pense que comme c’est devant chez Pichaya ça veut dire
que toutes les folies sont permises et personne ne se formalise.
A y passe lui aussi, ainsi que
Pichaya.
La prise de vue terminée nous
sommes tous de nouveau devant l’écran de l’ordi de Pichaya qui a mis la carte
de l’appareil de Véro et on fait défiler toutes les photos, il y en a 173, des
supers et des moins bonnes.
C’est une belle complicité ce
matin à Villa Pondichéry entre tous les participants, femmes de ménage,
cuisinières, guest, visiteurs occasionnels comme nous et Pichaya, toujours en
maître de cérémonie qui adore ces moments magiques qu’il sait créer avec un
talent étonnant.
Ce n’est pas fini, il voudrait
avoir des photos pour illustrer un parcours dans Pondy des lieux où a été
tournée il y a deux ans, l’histoire de
Pi. Un roman de Yann Martel et un film de Ang Lee sorti récemment.
Ça nous plait beaucoup comme idée
et on se donne rendez vous mardi matin à 6h devant la statue de Dupleix.
Les femmes reprennent leurs
activités dans la maison et nous partons pour venir poser la moto dans la rue
Candappa.
La lumière est si belle
aujourd’hui qu’on a l’impression que les rues, les carrefours ont pris une
dimension nouvelle.
Véro veut faire un bout du Sunday
Market. Elle pense qu’elle n’a pas pris de chemises de nuit et de pyjamas pour
les enfants et on en achète donc pour les trois.
On décide d’aller déjeuner au
Café des Arts parce que c’est à côté de Nirvana. Véro veut aller à Nirvana voir
les sacs en toile car avec sa grande affiche de l’an dernier qui est fait de la
même matière que les sacs elle veut demander s’il serait possible de lui faire
un sac avec sa tête dessus.
On déjeune d’une très bonne
salade composée au poulet, chère mais bonne, rien à dire. De l’eau minérale
hyper chère quand on connaît les prix, ce qui n’est pas normal car boire de
l’eau ici est quelque chose qui relève de la survie.
Véro rencontre la patronne qui se
montre sympathique et qui est prête à donner satisfaction à Véro mais avant
elle voudrait bien voir la toile.
On revient à l’appart prendre
l’affiche et on retourne au Nirvana pour lui montrer. Il n’y a pas de problème
ce sera fait jeudi. Véro ne lui impose qu’une contrainte, ne pas avoir quelque chose comme une ganse de poignée sur
le visage, autrement elle peut donner libre court à son imagination. Ça a l’air
de lui plaire.
On revient à l’appart prendre le
café et nous reposer. La chaleur est telle que l’on transpire allongé sous le
ventilo. Le matelas est dur et chaud comme un radiateur.
Véro travaille ses photos du
matin. Elle trouve toutes ces femmes tellement attachantes qu’elle me dit
qu’elle ne sait quelles photos éliminer.
A 18h on part au ciné de l’AF où
il se joue un film indien remake de Rain Man. Tout en Hindi et en Anglais mais
rigolo quand même les 2H30 sont passées rapidement. Un film indien c’est toujours
un bon moment les mamans sont aussi jeunes que les filles, les filles sont
assez jolies et on s’y retrouve, mais les héros sont toujours des hommes très
enveloppés, un peu gras, les spectatrice ne s’y retrouvent pas.
On rentre dîner, noodlles soupe
et salades fruits 3 étoiles comme d’habitude, avec les mangues et les bananes
qui fondent dans la bouche, tandis que la pastèque et le raisin sans pépin
croque sous la dent, les prunes et la papaye apportent du liant et le jus de
citron vient faire ressortir tous les goûts. Une pure merveille qui vaut le
détour si vous passez par ici.
Les photos des femmes de Pichaya sont ici
Un pur moment de bonheur ce matin.
Tant de beauté, de grâce et de rires.
Un pur moment de bonheur ce matin.
Tant de beauté, de grâce et de rires.

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