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dimanche 24 mars 2013

Les femmes de Pichaya

Entre deux prises de vue
Les photos des femmes de Pichaya sont ici
Un pur moment de bonheur ce matin.
Tant de beauté, de grâce et de rires.

Lever 7h, il fait meilleur ce matin.

Les ouvriers ont travaillé tard hier soir mais ils ne sont pas arrivés jusque chez nous, ils se sont arrêtés à la maison d’avant.
Tout est remis à demain.

M Sreet, au 315 un papa avec son fils dans les bras attend assis sur les marches devant le cabinet du pédiatre, il y a aussi un autre homme avec eux.
Le petit marchand de lait de la rue Montorsier a une cliente vêtue d’un sari multicolore.

J’entends au loin le bruit langoureux d’une Enfield Bullet qui se rapproche et je me laisse bercer par cette musique que je vais perdre bientôt. Elle passe devant moi avec son conducteur et s’éloigne.

Rue Petit Canal je ne vois personne comme s’ils étaient tous partis.

Par contre à l’approche de la cathédrale, la rue est envahie par une quantité impressionnante de cycles et de motos. Je réalise que c’est le dimanche des Rameaux. C’est l’heure de la messe dans la cathédrale qui déborde de fidèles jusque sur le parvis et même dans la cour qui est devant.

Les mendiants comme les véhicules affluent et sont bien positionnés pour la sortie.
La petite marchande de lait est là imperturbable. Des Rickshaws stationnent.

Le dimanche des Rameaux, je réalise que ce n’est plus pour moi que du vocabulaire culturel comme l’expression « un théâtre à l’italienne », tout ça n’a plus qu’une connotation de spectacle, de représentation, de fourberies.

Rue Ranga Pillai le soleil de face me frappe comme un uppercut et la chaleur me tombe dessus.
Un couple de jeunes touristes, lui tient un guide à la main, certainement à la recherche d’un meilleur guest, c’est l’heure ; elle la mine fatiguée par une nuit difficile et par le coup de chaleur du soleil matinal.

Quelques Indiens déjeunent au Hot Bread.

Je reviens par le quai d’Ambour. Il y a peu de circulation. Trois jeunes femmes blanches-blanches, marchent côte à côte et viennent vers moi. Elles sont en short et décolleté, les Indiens vont se régaler. Pour ici, c’est comme si elles se baladaient en culotte et sous tif place du Capitole.

La rue Candappa est toujours un énorme chantier, une pelleteuse, quelques ouvriers qui viennent chercher du matériel.

Après la machine à laver et l’étendage du linge, on part à l’AF pour changer le livre de Véro. Je constate qu’on m’a piqué le mousqueton auquel j’accrochais mon chapeau.
À la bibliothèque c’est fermé, Véro pensait qu’on était samedi alors qu’on est dimanche.

On reviendra demain. On file chez Pichaya pour lui donner les photos de Daya que Véro a prises la semaine dernière.

On arrive comme toujours quand il est là au moment du petit dèj, il y a deux français A&Q en marcel blanc.

On boit un café et l’on discute, puis Véro montre les photos. Tout le monde est content des photos sauf Daya qui n’est pas là. Tout le monde reconnaît que ce type a quelque chose mais que lui ne le sait pas et ne sait surtout pas valoriser ça.

Toutes les femmes qui travaillent pour Pichaya sont là autour de l’écran à regarder elles aussi les photos au lieu de faire leur boulot dans le guest.

Pichaya les engueule comme ce n’est pas possible et aussi il les fait participer à la vie du guest et des guests qui changent tout le temps et qui apportent avec eux quelque chose d’eux-mêmes qui est à chaque fois une nouveauté.

Ce matin Pichaya décide que Véro va  prendre en photo toutes les femmes de la maison. Elle commence par la maman d’Elisa, puis en cherchant trouve dans la rue à côté de Villa Pondichéry vers l’entrée de l’annexe un décor pour faire poser tout le monde.

C’est le défilé comme un défilé de mannequins. Chaque femme est heureuse d’être prise en photo par Véro. Elles ont une grande confiance en elle. Certaines ont dénoué leurs cheveux.

Pichaya, A et moi-même cherchons à les décontracter pour qu’elles finissent par se sentir bien face à l’objectif et se sentent suffisamment à l’aise pour en  être complice.

Dans la rue les gens passent et nous regardent, mais je pense que comme c’est devant chez Pichaya ça veut dire que toutes les folies sont permises et personne ne se formalise.

A y passe lui aussi, ainsi que Pichaya.

La prise de vue terminée nous sommes tous de nouveau devant l’écran de l’ordi de Pichaya qui a mis la carte de l’appareil de Véro et on fait défiler toutes les photos, il y en a 173, des supers et des moins bonnes.

C’est une belle complicité ce matin à Villa Pondichéry entre tous les participants, femmes de ménage, cuisinières, guest, visiteurs occasionnels comme nous et Pichaya, toujours en maître de cérémonie qui adore ces moments magiques qu’il sait créer avec un talent étonnant.

Ce n’est pas fini, il voudrait avoir des photos pour illustrer un parcours dans Pondy des lieux où a été tournée il y a deux ans,  l’histoire de Pi. Un roman de Yann Martel et un film de Ang Lee sorti récemment.
Ça nous plait beaucoup comme idée et on se donne rendez vous mardi matin à 6h devant la statue de Dupleix.

Les femmes reprennent leurs activités dans la maison et nous partons pour venir poser la moto dans la rue Candappa.
La lumière est si belle aujourd’hui qu’on a l’impression que les rues, les carrefours ont pris une dimension nouvelle.

Véro veut faire un bout du Sunday Market. Elle pense qu’elle n’a pas pris de chemises de nuit et de pyjamas pour les enfants et on en achète donc pour les trois.

On décide d’aller déjeuner au Café des Arts parce que c’est à côté de Nirvana. Véro veut aller à Nirvana voir les sacs en toile car avec sa grande affiche de l’an dernier qui est fait de la même matière que les sacs elle veut demander s’il serait possible de lui faire un sac avec sa tête dessus.

On déjeune d’une très bonne salade composée au poulet, chère mais bonne, rien à dire. De l’eau minérale hyper chère quand on connaît les prix, ce qui n’est pas normal car boire de l’eau ici est quelque chose qui relève de la survie.

Véro rencontre la patronne qui se montre sympathique et qui est prête à donner satisfaction à Véro mais avant elle voudrait bien voir la toile.

On revient à l’appart prendre l’affiche et on retourne au Nirvana pour lui montrer. Il n’y a pas de problème ce sera fait jeudi. Véro ne lui impose qu’une contrainte, ne pas avoir  quelque chose comme une ganse de poignée sur le visage, autrement elle peut donner libre court à son imagination. Ça a l’air de lui plaire.

On revient à l’appart prendre le café et nous reposer. La chaleur est telle que l’on transpire allongé sous le ventilo. Le matelas est dur et chaud comme un radiateur.

Véro travaille ses photos du matin. Elle trouve toutes ces femmes tellement attachantes qu’elle me dit qu’elle ne sait quelles photos éliminer.

A 18h on part au ciné de l’AF où il se joue un film indien remake de Rain Man. Tout en Hindi et en Anglais mais rigolo quand même les 2H30 sont passées rapidement. Un film indien c’est toujours un bon moment les mamans sont aussi jeunes que les filles, les filles sont assez jolies et on s’y retrouve, mais les héros sont toujours des hommes très enveloppés, un peu gras, les spectatrice ne s’y retrouvent pas.

On rentre dîner, noodlles soupe et salades fruits 3 étoiles comme d’habitude, avec les mangues et les bananes qui fondent dans la bouche, tandis que la pastèque et le raisin sans pépin croque sous la dent, les prunes et la papaye apportent du liant et le jus de citron vient faire ressortir tous les goûts. Une pure merveille qui vaut le détour si vous passez par ici.

Les photos des femmes de Pichaya sont ici
Un pur moment de bonheur ce matin.
Tant de beauté, de grâce et de rires.

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